Épuisement physique et moral au travail : le cas du Japon ?

En 2013, un journaliste japonais du nom de Miwa Sado rendit l’âme suite à un arrêt cardiaque. Un décès tragique, survenu après avoir essuyé 159 heures de travail à seulement 31 ans. Le défunt médiatisé était en effet, un cas parmi tant d’autres. Au japon, l’épuisement physique et moral au travail est une réelle problématique.

Selon une étude, un Japonais sur cinq accomplit plus de 80 heures supplémentaires par mois. Le surmenage est donc un phénomène omniprésent au pays des Sumo. Nous vous en disons plus dans la suite de cet article.

Épuisement physique et moral au travail: le cas du Japon ?

Quand le risque de mort pour cause de surmenage inquiète le Japon

« Karoshi », c’est le mot japonais utilisé pour désigner la mort par épuisement au travail. Chaque année, des centaines de décès liés au surmenage par accident vasculaire cérébral, crise cardiaque ou suicide, sont notées au Japon. À cela s’ajoute les nombreux problèmes de santé liés au travail.

Contrairement à leurs homologues des autres économies modernes, les Japonais continuent à passer beaucoup plus d’heures au bureau. Ce qui n’est pas sans conséquence. Selon un rapport, un cinquième des salariés japonais risquent de mourir de surmenage.

En effet, 22,7 % des firmes japonaises affirment que certains de leurs travailleurs accomplissaient plus de 80 heures supplémentaires tous les mois. Alors qu’en réalité 80 heures supplémentaires constituent le seuil à partir duquel le risque de mort par surmenage est jugé sérieux.

Le rapport nous informe aussi que 21,3 % des salariés japonais travaillent au-delà de 48 heures par semaine en moyenne. En 2015, la police nationale japonaise a recensé près de 2 159 cas de suicide notamment pour des raisons professionnelles.

Selon certains, cette abnégation exagérée au travail s’explique par le fait que les travailleurs veulent protéger leur emploi.

Épuisement physique et moral : les mesures prises pour contrer le phénomène

Pour contrer ce fléau, le gouvernement japonais a publié une liste noire de 300 entreprises fautives. Cette politique a certainement pour but de dissuader les dirigeants des firmes à avoir plus de considération pour les salariés. Néanmoins, le gouvernement japonais projetait de limiter le nombre d’heures supplémentaires à 100 heures mois.

Une décision qui fait polémique en ce sens ou même 80 heures exposent le salarié à des risques de maladie. De plus, le nombre d’heures normales de travail supplémentaire par mois est de 45 heures au japon.

Pour certains spécialistes japonais du droit du travail, le gouvernement ne prend pas la problématique au sérieux. Certains affirment que l’état est même clément avec les grandes entreprises comme le démontre l’amende de 5 500 dollars infligés au géant de la pub Dentsu à cause de la mort par suicide de l’un de ses employés.

Le dévouement excessif au travail : une culture au japon

La culture du travail au Japon est très spéciale. Le japonais paresseux est en quelque sorte celui qui ne travaille pas de longues heures. Heures supplémentaires, stress, absence de congés rime avec cette vision collective du travail. Raison pour laquelle près de 56 % des Japonais considèrent ne pas être heureux au travail.

La situation est telle qu’il est permis de s’endormir au travail. En effet, tous les moyens sont bons pour faire travailler encore plus les salariés.

Avec une population très vieillissante, le japon doit impérativement veiller à la santé de sa main-d’œuvre jeune.