Inaptitude professionnelle suite à un burn-out ?

Vous est-il déjà arrivé d’observer un autocuiseur en pleine ébullition ? Vous souvenez-vous des vapeurs chaudes qui jaillissaient de l’ustensile en produisant des sifflements ? C’est l’une des images classiques auxquelles renvoie le phénomène du burn-out.

Inaptitude professionnelle suite à un burn-out ?

La pression générée par le travail sur la victime pourrait être comparée aux souffles de vapeur. Une chose est sûre : il paraît difficile de sortir indemne d’un tel tableau. Zoom sur les inaptitudes professionnelles causées par ce fléau du monde du travail.

Une incapacité générale à travailler après un surmenage

Le burn-out ou syndrome d’épuisement général est sans doute l’une des plus grandes peurs des travailleurs. Le salarié ressent vis-à-vis de son travail et de son environnement professionnel un ensemble de pressions psychologiques.

Les sources de pression sont multiples : dépendance professionnelle, grosse charge de travail, manque de reconnaissance, etc. Lorsque ces situations perdurent, le sentiment d’estime de soi décroît chez le travailleur. Il sombre alors dans un vague d’angoisse et de tristesse chroniques.

L’assaut final du burn-out intervient par une incapacité à produire des résultats ou simplement à travailler. Le salarié est en situation d’inaptitude professionnelle.

De façon concrète, l’incapacité à travailler s’assimile à une sorte de rejet du travailleur vis-à-vis de tous facteurs se rapportant au travail. Tout environnement, tout effort de nature professionnelle génère un stress et une détresse psychologique. On constate que les impacts de cette maladie sont surtout d’ordre psychologique.

L’inaptitude liée au burn-out et sa reconnaissance en tant que maladie professionnelle

L’incapacité issue d’un burn-out peut s’analyser sous deux angles différents.

Le mécanisme de tableaux professionnel

À ce jour en France, il n’existe pas encore d’un tableau de maladie professionnelle pour une maladie mentale comme le burn-out. En conséquence, la victime de burn-out doit prouver le lien entre sa maladie et son travail.

Faute de quoi il ne peut être indemnisé. Le système de tableaux professionnels sert à établir le rapport direct entre maladie et travail. Ainsi, seules les pathologies pour lesquelles il existe un lien certain de cause à effet sont indemnisables.

S’agissant du burn-out, les recherches ont permis d’identifier ce syndrome chez des femmes au foyer. Le cadre professionnel n’était donc plus susceptible d’être l’unique facteur pouvant déclencher la pathologie. Il est devenu alors complexe de faire accepter à l’employeur le lien direct entre charges professionnelles et burn-out.

Le décret du 07 juin 2016

Les dispositions de ce décret ont permis de définir de nouvelles clauses. Les modalités d’application de cette loi confèrent aux maladies psychiques le rang de maladie professionnelle.

Le travailleur peut prouver devant un comité de spécialistes que son burn-out résulte essentiellement et directement de sa profession. S’il y parvient, il peut alors être entièrement indemnisé pour couvrir les soins liés à son inaptitude.

Des progrès sont encore attendus

Le burn-out n’étant pas une pathologie « physique », il est complexe d’en identifier les causes tangibles. C’est là une première difficulté pour la victime. Elle est alors appelée à décrire tous les traitements subis au travail qui ont pu conduire à son mal. Un exercice éprouvant pour une personne affectée psychologiquement !

Selon le nouveau décret, la victime doit également prouver que son inaptitude est provoquée à plus de 25 % par le burn-out. Cette clause pénalise certains salariés touchés puisque le degré de pression varie selon les emplois. Enfin, un tableau de maladie professionnelle est vivement attendu pour le burn-out.

En conclusion, le burn-out est une raison valable pour déclarer un salarié inapte au travail. Des changements sont souhaités afin que cette pathologie obtienne toute l’attention qu’elle mérite.